Autour de la Terre

Portée par un vent léger, Kaki se laissait aller à une douce rêverie. Elle survolait maintenant des terres plus vertes, plus fraîches, plus généreuses, des terres exhalant des parfums aux notes champêtres. L’air se faisait beaucoup plus vif. Sous ses plumes, le monde changeait.

Perdue dans ses songes, Kaki volait, sans prêter attention aux chatoiements de l’étoffe de verdure déployée sur la terre. Le cœur en Orient, Kaki volait toujours, oiseau léger aux rêves de beauté. Mais quelque chose soudain attira son regard : il y avait là, plantée dans un jardin, une tête précieuse qui rayonnait de mille feux. Tirée de sa torpeur, Kaki résolut d’aller voir de plus près cet éclat qui l’avait appelée.

contes-daymard

Pure magnificence que cette rondeur d’or ! Inimitable splendeur que cette rondeur ouvragée ! Kaki était subjuguée. Elle venait de glisser autour de son doigt une terre tout entière, un chou de contes de fées qu’une petite tortue au bord d’un précipice semblait souhaiter goûter !

« Comment vas-tu t’y prendre ? demanda la jeune fille. Tendras-tu ton cou de jade au-dessus du vide, au risque de choir ? Ou rebrousseras-tu chemin, suivant l’orbe de la terre, quitte à y perdre des jours, quitte à y perdre des semaines ? »

Mais la tortue ne répondit pas : elle regardait, éblouie, le chou merveilleux, parsemé de gouttes de rosée, et intensément elle pensait. Que ce petit monde tournait vite ! Et que cette chenille, friande et empressée, paraissait peu à même de prendre son temps et d’apprécier la merveille absolue à laquelle elle s’attaquait…

Mais tout passe vite sur la Terre. Les choses sont là et vivent ce qu’elles doivent vivre, jusqu’à ce qu’elles ne soient plus. Tout pousse, tout grandit. Rien n’est immuable et tout se justifie ; même les vertes et blanches orties.

Pure magnificence que cette rondeur d’or ! Inimitable splendeur que cette rondeur ouvragée ! Kaki était subjuguée. Elle venait de glisser autour de son doigt une terre tout entière, un chou de contes de fées qu’une petite tortue au bord d’un précipice semblait souhaiter goûter !

« Comment vas-tu t’y prendre ? demanda la jeune fille. Tendras-tu ton cou de jade au-dessus du vide, au risque de choir ? Ou rebrousseras-tu chemin, suivant l’orbe de la terre, quitte à y perdre des jours, quitte à y perdre des semaines ? »

Mais la tortue ne répondit pas : elle regardait, éblouie, le chou merveilleux, parsemé de gouttes de rosée, et intensément elle pensait. Que ce petit monde tournait vite ! Et que cette chenille, friande et empressée, paraissait peu à même de prendre son temps et d’apprécier la merveille absolue à laquelle elle s’attaquait…

Mais tout passe vite sur la Terre. Les choses sont là et vivent ce qu’elles doivent vivre, jusqu’à ce qu’elles ne soient plus. Tout pousse, tout grandit. Rien n’est immuable et tout se justifie ; même les vertes et blanches orties.

contes-daymard

Jardiniers de ce monde, laissez donc croître ces herbes qui vous semblent méprisables : sans elles, point de têtes d’or, point de Terre à faire rouler, point de nature dans sa diversité.

Et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la chenille se fit papillon, envoyant voltiger de ses ailes graciles les profondes considérations d’une trop sage tortue. Et posée sur le toit du monde, la créature toute de scintillements poudrée s’offrit à Kaki, émerveillée.

Le jour se levait à peine, sur le jardin de la Terre ; et d’un froissement d’ailes, Kaki invita le papillon à voler en d’autres temps.

bijoux daymard

Découvrez les autres contes

bijoux daymard